Les termites
et autres agents de dégradation du bois
Le termite
" Ce sont des fourmis
blanches.
Pas du tout, elles sont noires.
Elles sont blanches et aveugles.
Mais non ! Elles ont des yeux et des ailes et elles volent.
Impossible, elles vivent dans la terre et meurent au premier rayon de soleil."
Vous avez tous raisons, sauf que ce ne
sont pas des fourmis.
Termite ouvrier cliquez sur l'image pour la voir
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Ces petites bêtes sont effectivement
blanches, aveugles, vivent dans la terre, mais certaines deviennent noires, ont des yeux
et des ailes quand il s'agit de sortir à l'air libre pour envahir de nouveaux
territoires.
Vous les avez
reconnus, ce sont les termites.
Non! Ce ne sont pas les mites de la
terre, mais plutôt les mites du bois et ce n'est pas un mythe ! ( Pardon! Soyons sérieux
).
Avez-vous déjà vu des termites
grouiller dans une pièce de bois, on a bien l'impression d'une poignée d'asticots.
Si vous ajoutez à cette image peu engageante la
vilaine publicité qui les précède, évidemment vous ne perdrez pas de temps à les
observer et faire connaissance.
Dégats causés sur une pièce de bois cliquez sur l'image pour la voir
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Dommage! Ils sont pourtant l'objet
d'observations attentives car, bien qu'étant sur notre planète depuis quelques 200
millions d'années ils restent encore très mystérieux, peut être parce que bien cachés
dans leurs interminables galeries creusées ou construites pour rester à l'abri du
soleil, ils le sont aussi des regards et leur discrétion les rend particulièrement
redoutable.
Redoutable ! cet insecte blanc nacré
d'à peine 5 mm de long , cette larve toute molle qui s'écrase et meurt dés qu'on la
touche ?
Approchez vous , regardez sa tête, elle
est plus sombre, un peu jaune ; regardez bien ces deux petits crochets devant, ce sont des
mandibules, outil très résistant , capable d'enlever un microscopique copeau à chaque
coup de pince et dans n'importe quel bois, indigène ou exotique, dur comme du chêne ou
tendre comme du pin, mort ou vivant, transformé en parquet ou en papier, il s'attaque
sans réserve à tout ce qui contient l'aliment auquel il est strictement inféodé , son
plat unique de résistance et de vie, qu'il accompagne d'un peu d'eau : la CELLULOSE.
Cette super molécule est un sucre
parfaitement indigeste pour les hommes, et pour le termite aussi. Mais lui, il a trouvé
des amis microscopiques et flagellés qu'il héberge dans ses intestins, et qui savent
"casser" la cellulose et la rendre digeste. Bon appétit !
En fait, ce qui le rend redoutable, ce n'est pas
l'appétit de l'individu, mais bien l'appétit de la colonie ; car le termite ne vit pas
seul.
Une colonie peut se créer de
trois manières.
La plus classique est le résultat du mariage de
deux individus sexués, noirs, ailés, possédant des yeux, partis un jour d'avril ou de
mai à la recherche d'un coin de terre favorable en humidité et réserve cellulosique. Ce
coin idéal n'est pas facile à trouver, de plus, mauvais voiliers, ils vont se perdre
souvent dans des jungles herbeuses remplies de prédateurs féroces, il en faudra des
milliers de ces sexués, pendant l'essaimage, pour espérer créer une colonie.
Une autre, plus accidentelle, et qui est pourtant
certainement responsable de son extension géographique, est une sorte de bouture obtenue
en isolant par hasard une partie de la colonie (une centaine d'individus environ) dans une
pièce de bois que l'on transporte et remet un certain temps en contact ou au voisinage du
sol. La connexion faite, une nouvelle colonie peut se créer.
Enfin, il peut y avoir marcottage d'un ou
plusieurs tronçons de la colonie si celle ci trouve plusieurs possibilités
d'investigations dans un même endroit. La colonie s'étend fonde des colonies secondaires
dans les murs, les cloisons de briques, toutes les zones légèrement humides pouvant
abriter les ufs et les jeunes larves et restant en connexion avec le sol et la
colonie principale.
L'ensemble peut former un complexe de
plusieurs millions d'individus, nomades et affamés.
Cependant, si chaque
individu a besoin de sa ration quotidienne de cellulose, tous ne rognent pas les
planchers, meubles, charpentes, carton et meubles. Ils sont organisés en castes et bien
organisés.
Le roi et la reine, ex couple
vagabond et fondateur ont perdu leurs ailes, et la reine, sédentaire dame au foyer, se
fait nourrir, elle doit en contrepartie assurer la descendance et pond régulièrement des
centaines d'ufs. Le roi reste à proximité, assume et dorlote sa dame. Des soldats,
reconnaissable par leur grosse tête armée de forts mandibules, sont postés à tous les
points stratégiques surveillant et protégeant la colonie. En échange, ils se font
nourrir. Des grands individus, porteurs d'embryons d'ailes, véritables princes et
princesses, sont également nourris dans l'espoir de fonder leur propres tribus, ils
n'auront pas la peau dure et noire, ni d'yeux, ni d'ailes, emblème royal, instrument de
l'essaimage ; pourtant ils seront certainement plus redoutables car à l'abri des
accidents de l'essaimage et terriblement efficaces dans le marcottage, ce sont les
néoténiques.
Enfin, les derniers à se mettre les
pieds sous la table sans grande fatigue, ce sont les très jeunes, ceux qui viennent de
naître et ne sont ni assez forts, ni assez expérimentés pour parcourir les terres et
raboter du bois. Ce travail, et il est varié et important, revient à ceux que l'on
appelle des ouvriers.
Pourquoi pas des ouvrières ?
peut-être parce que l'on dit un et non pas une termite. On sait depuis peut que les dits
ouvriers peuvent aussi être des ouvrières. Y aurait-il aussi une loi sur la parité ? On
ne peut donc plus fustiger l'humain moyen quand il parle d'une termite.
L'essentiel étant bien de savoir s'il y
a infestation ou non.
Mais comment déceler leurs présences si
ces ravageurs sont si secrets ? La peur des rayons solaires mortels par assèchement les
obligent à construire des tunnels avec leurs excréments, un peu d'eau, des particules
minérales locales et du courage. Ils en ont, et ils construisent ces sortes de lacets de
chaussures sableux et bruns à raison de quelques cm en quelques heures. Ces autoroutes
plus ou moins ramifiées peuvent courir derrière une tapisserie, dans l'angle d'un mur
etc... Mais c'est souvent au hasard d'une petite réparation ou en appuyant par mégarde
sur la surface peinte ou cirée d'une plinthe que l'on découvre qu'il ne reste qu'une
fine pellicule de bois, dernière barrière protectrice. Ou tout simplement en assistant,
un beau jour de printemps, à l'envol d'une véritable escadrille de centaines de
"fourmis volantes". Ne nous trompons pas les termites n'ont ni la taille de
guêpe ni l'abdomen ventru des fourmis, de plus leurs ailes ,assez souples, sont de la
même longueur, pour cette raison ce sont des isoptères.
Et puisque nous sommes dans les noms
savants, appelons le termite par son nom :
Dans le sud-ouest nous trouvons
essentiellement Reticulitermes lucifugus grassei, en remontant
au nord de bordeaux on rencontrera de plus en plus, puis surtout Reticulitermes
santonensis, ayant vraisemblablement émigré vers Paris par bouturage. Dans
le sud, le Roussillon héberge Reticulitermes lucifugus banyulensis,
cousin de grassei, quant au sud-est il semble recevoir Reticulitermes
lucifugus lucifugus. Il ne faut pas oublier un représentant se contentant
de vivre pour le moment dans les bois secs des vignes, arbres de jardin etc.. et n'a
semble t-il pas daigné visiter nos maisons, ouf! Il s'agit de kalotermes
un sujet un peu plus gros, plus lent et calme, souhaitons lui longue vie dans sa nature,
là même où il serait intéressant que restent les termites des landes du Saintonge ou
d'ailleurs.
Autres agents de dégradation du
bois
Contrairement aux termites, les insectes
à larves xylophages ne mangent pas que le bois. Quelques-uns se nourrissent de pollen.
Souvent ils se contentent d'amour et d'eau fraîche, car leur vie est courte : le temps de
trouver le partenaire, de s'accoupler et de pondre. C'est là que commencent nos
problèmes.
Les femelles ont des organes de pontes,
véritables tarières, qui perforent le bois, se glissent dans les fentes, entre deux
pièces de charpente, et déposent des dizaines ou centaines de petits ufs qui
donneront naissance à des larves très voraces. Ce sont ces dernières qui dévorent le
bois.
Trois à cinq ans plus tard, selon la température ambiante, et nos greniers bien isolés
sont de très bonnes pouponnières, les petites larves ont grandi, grossi et ont creusé
des mètres et des mètres de galeries. Elles rongent devant et déposent derrière. Dans
la première partie de leur vie tout cela est discret. Quand l'infestation est importante
et que la vie larvaire est à son apothéose, beaucoup perdent toute prudence et rognent
très fort. La tête porte deux véritables gouges acérées et en balançant la tête
vers la gauche puis la droite, elle découpe à chaque fois un petit copeau qu'elle avale
et digère, mais cette découpe émet un bruit qui résonne régulièrement dans la poutre
rappelant le tic tac du pendule de l'horloge, une petite horloge bien sûr mais les
anciens avaient réalisé que ce bruit était un mauvais présage et avait baptisé cette
larve horloger de la mort. Elles peuvent aussi se faire repérer en évacuant leur
..sciure par des petits trous. Cette sciure est différente selon les espèces, mais il
faudra une loupe pour les reconnaître.
Quand ces petites bêtes sont arrivées
à la fin de leur vie larvaire, elles se rapprochent de la périphérie de la pièce de
bois, creusent la dernière loge, s'y transforment en une nymphe dont sortira un insecte
parfait, l'imago, qui n'aura plus qu'à faire sauter la fine pellicule de bois le
séparant de l'air libre pour s'envoler à la recherche d'un partenaire, et la boucle est
bouclée.
Mais ces imagos, qui
sont-ils, comment sont-ils ?
Certains
ressemblent à des petits hannetons de quelques millimètres, ce sont les vrillettes et le
lyctus:
Lyctus cliquez sur l'image pour la voir
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Grosse vrillette cliquez sur l'image pour la voir
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- petites vrillettes : Anobium punctatum
- grosses vrillettes : Xestobium
rufovillosum
- vrillettes molles : Ernobius mollis
- lyctus : Lyctus brunneus, préfère le
bois ouvré des feuillus de préférence fruitiers, riches en amidon.
D'autres sont des sortes de carabes avec
de belles antennes, ce sont des capricornes :
- le capricorne des maisons : Hylotrupes
bajulus , sa larve vit dans le bois ouvré des résineux ( pin etc..)
- l'hesperophanes : Hesperophanes
cinereus , le nom de capricorne lui est interdit par l'Académie , il en a pourtant bien
l'allure et sa larve vit dans le bois ouvré des feuillus ( chêne etc..).
Hesperophanes cliquez sur l'image pour la voir
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D'autres sont des sortes de grandes
guêpes, les sirex :
- grand sirex : Urocerus gigas , souvent
appelé guêpe des bois
- sirex commun : Sirex juvencus , aussi appelé bouvillon
D'autres enfin sont à tort classés dans
les xylophages et pourtant ils ne mangent pas le bois mais le dégradent en y creusant des
galeries, des loges pour pondre ou pour construire de véritables édifices.
abeille charpentière cliquez sur l'image pour la voir
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- abeille charpentière : Xylocopa
violacea , qui utilise souvent des galeries de capricornes , mais n'hésite pas à
utiliser ses mandibules pour forer la loge dans laquelle elle élèvera son enfant en
bonne abeille qui se respecte, c'est à dire avec du miel et non avec du bois.
- fourmis, qui creusent pour construire
la fourmilière et donc utilisent le bois comme elles utilisent la terre en tant que
matériau de construction.
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