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signet-bleu.jpg (4934 octets) Les termites
et autres agents de dégradation du bois

Le termite

" Ce sont des fourmis blanches.
Pas du tout, elles sont noires.
Elles sont blanches et aveugles.
Mais non ! Elles ont des yeux et des ailes et elles volent.
Impossible, elles vivent dans la terre et meurent au premier rayon de soleil."

Vous avez tous raisons, sauf que ce ne sont pas des fourmis.

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Termite ouvrier
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Ces petites bêtes sont effectivement blanches, aveugles, vivent dans la terre, mais certaines deviennent noires, ont des yeux et des ailes quand il s'agit de sortir à l'air libre pour envahir de nouveaux territoires.

Vous les avez reconnus, ce sont les termites.

Non! Ce ne sont pas les mites de la terre, mais plutôt les mites du bois et ce n'est pas un mythe ! ( Pardon! Soyons sérieux ).

Avez-vous déjà vu des termites grouiller dans une pièce de bois, on a bien l'impression d'une poignée d'asticots.

Si vous ajoutez à cette image peu engageante la vilaine publicité qui les précède, évidemment vous ne perdrez pas de temps à les observer et faire connaissance.

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Dégats causés sur une pièce de bois
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Dommage! Ils sont pourtant l'objet d'observations attentives car, bien qu'étant sur notre planète depuis quelques 200 millions d'années ils restent encore très mystérieux, peut être parce que bien cachés dans leurs interminables galeries creusées ou construites pour rester à l'abri du soleil, ils le sont aussi des regards et leur discrétion les rend particulièrement redoutable.

Redoutable ! cet insecte blanc nacré d'à peine 5 mm de long , cette larve toute molle qui s'écrase et meurt dés qu'on la touche ?

Approchez vous , regardez sa tête, elle est plus sombre, un peu jaune ; regardez bien ces deux petits crochets devant, ce sont des mandibules, outil très résistant , capable d'enlever un microscopique copeau à chaque coup de pince et dans n'importe quel bois, indigène ou exotique, dur comme du chêne ou tendre comme du pin, mort ou vivant, transformé en parquet ou en papier, il s'attaque sans réserve à tout ce qui contient l'aliment auquel il est strictement inféodé , son plat unique de résistance et de vie, qu'il accompagne d'un peu d'eau : la CELLULOSE.

term3.jpg (3701 octets) Cette super molécule est un sucre parfaitement indigeste pour les hommes, et pour le termite aussi. Mais lui, il a trouvé des amis microscopiques et flagellés qu'il héberge dans ses intestins, et qui savent "casser" la cellulose et la rendre digeste. Bon appétit !

En fait, ce qui le rend redoutable, ce n'est pas l'appétit de l'individu, mais bien l'appétit de la colonie ; car le termite ne vit pas seul.

Une colonie peut se créer de trois manières.

expertise-triangle-petit.jpg (4907 octets) La plus classique est le résultat du mariage de deux individus sexués, noirs, ailés, possédant des yeux, partis un jour d'avril ou de mai à la recherche d'un coin de terre favorable en humidité et réserve cellulosique. Ce coin idéal n'est pas facile à trouver, de plus, mauvais voiliers, ils vont se perdre souvent dans des jungles herbeuses remplies de prédateurs féroces, il en faudra des milliers de ces sexués, pendant l'essaimage, pour espérer créer une colonie.

expertise-triangle-petit.jpg (4907 octets) Une autre, plus accidentelle, et qui est pourtant certainement responsable de son extension géographique, est une sorte de bouture obtenue en isolant par hasard une partie de la colonie (une centaine d'individus environ) dans une pièce de bois que l'on transporte et remet un certain temps en contact ou au voisinage du sol. La connexion faite, une nouvelle colonie peut se créer.

expertise-triangle-petit.jpg (4907 octets) Enfin, il peut y avoir marcottage d'un ou plusieurs tronçons de la colonie si celle ci trouve plusieurs possibilités d'investigations dans un même endroit. La colonie s'étend fonde des colonies secondaires dans les murs, les cloisons de briques, toutes les zones légèrement humides pouvant abriter les œufs et les jeunes larves et restant en connexion avec le sol et la colonie principale.

L'ensemble peut former un complexe de plusieurs millions d'individus, nomades et affamés.

term4.jpg (2758 octets) Cependant, si chaque individu a besoin de sa ration quotidienne de cellulose, tous ne rognent pas les planchers, meubles, charpentes, carton et meubles. Ils sont organisés en castes et bien organisés.

Le roi et la reine, ex couple vagabond et fondateur ont perdu leurs ailes, et la reine, sédentaire dame au foyer, se fait nourrir, elle doit en contrepartie assurer la descendance et pond régulièrement des centaines d'œufs. Le roi reste à proximité, assume et dorlote sa dame. Des soldats, reconnaissable par leur grosse tête armée de forts mandibules, sont postés à tous les points stratégiques surveillant et protégeant la colonie. En échange, ils se font nourrir. Des grands individus, porteurs d'embryons d'ailes, véritables princes et princesses, sont également nourris dans l'espoir de fonder leur propres tribus, ils n'auront pas la peau dure et noire, ni d'yeux, ni d'ailes, emblème royal, instrument de l'essaimage ; pourtant ils seront certainement plus redoutables car à l'abri des accidents de l'essaimage et terriblement efficaces dans le marcottage, ce sont les néoténiques.

Enfin, les derniers à se mettre les pieds sous la table sans grande fatigue, ce sont les très jeunes, ceux qui viennent de naître et ne sont ni assez forts, ni assez expérimentés pour parcourir les terres et raboter du bois. Ce travail, et il est varié et important, revient à ceux que l'on appelle des ouvriers. term2.jpg (2749 octets)

Pourquoi pas des ouvrières ? peut-être parce que l'on dit un et non pas une termite. On sait depuis peut que les dits ouvriers peuvent aussi être des ouvrières. Y aurait-il aussi une loi sur la parité ? On ne peut donc plus fustiger l'humain moyen quand il parle d'une termite.

L'essentiel étant bien de savoir s'il y a infestation ou non.

Mais comment déceler leurs présences si ces ravageurs sont si secrets ? La peur des rayons solaires mortels par assèchement les obligent à construire des tunnels avec leurs excréments, un peu d'eau, des particules minérales locales et du courage. Ils en ont, et ils construisent ces sortes de lacets de chaussures sableux et bruns à raison de quelques cm en quelques heures. Ces autoroutes plus ou moins ramifiées peuvent courir derrière une tapisserie, dans l'angle d'un mur etc... Mais c'est souvent au hasard d'une petite réparation ou en appuyant par mégarde sur la surface peinte ou cirée d'une plinthe que l'on découvre qu'il ne reste qu'une fine pellicule de bois, dernière barrière protectrice. Ou tout simplement en assistant, un beau jour de printemps, à l'envol d'une véritable escadrille de centaines de "fourmis volantes". Ne nous trompons pas les termites n'ont ni la taille de guêpe ni l'abdomen ventru des fourmis, de plus leurs ailes ,assez souples, sont de la même longueur, pour cette raison ce sont des isoptères.

Et puisque nous sommes dans les noms savants, appelons le termite par son nom :

Dans le sud-ouest nous trouvons essentiellement Reticulitermes lucifugus grassei, en remontant au nord de bordeaux on rencontrera de plus en plus, puis surtout Reticulitermes santonensis, ayant vraisemblablement émigré vers Paris par bouturage. Dans le sud, le Roussillon héberge Reticulitermes lucifugus banyulensis, cousin de grassei, quant au sud-est il semble recevoir Reticulitermes lucifugus lucifugus. Il ne faut pas oublier un représentant se contentant de vivre pour le moment dans les bois secs des vignes, arbres de jardin etc.. et n'a semble t-il pas daigné visiter nos maisons, ouf! Il s'agit de kalotermes un sujet un peu plus gros, plus lent et calme, souhaitons lui longue vie dans sa nature, là même où il serait intéressant que restent les termites des landes du Saintonge ou d'ailleurs.

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Autres agents de dégradation du bois

Contrairement aux termites, les insectes à larves xylophages ne mangent pas que le bois. Quelques-uns se nourrissent de pollen. Souvent ils se contentent d'amour et d'eau fraîche, car leur vie est courte : le temps de trouver le partenaire, de s'accoupler et de pondre. C'est là que commencent nos problèmes.

Les femelles ont des organes de pontes, véritables tarières, qui perforent le bois, se glissent dans les fentes, entre deux pièces de charpente, et déposent des dizaines ou centaines de petits œufs qui donneront naissance à des larves très voraces. Ce sont ces dernières qui dévorent le bois.
Trois à cinq ans plus tard, selon la température ambiante, et nos greniers bien isolés sont de très bonnes pouponnières, les petites larves ont grandi, grossi et ont creusé des mètres et des mètres de galeries. Elles rongent devant et déposent derrière. Dans la première partie de leur vie tout cela est discret. Quand l'infestation est importante et que la vie larvaire est à son apothéose, beaucoup perdent toute prudence et rognent très fort. La tête porte deux véritables gouges acérées et en balançant la tête vers la gauche puis la droite, elle découpe à chaque fois un petit copeau qu'elle avale et digère, mais cette découpe émet un bruit qui résonne régulièrement dans la poutre rappelant le tic tac du pendule de l'horloge, une petite horloge bien sûr mais les anciens avaient réalisé que ce bruit était un mauvais présage et avait baptisé cette larve horloger de la mort. Elles peuvent aussi se faire repérer en évacuant leur ..sciure par des petits trous. Cette sciure est différente selon les espèces, mais il faudra une loupe pour les reconnaître.

Quand ces petites bêtes sont arrivées à la fin de leur vie larvaire, elles se rapprochent de la périphérie de la pièce de bois, creusent la dernière loge, s'y transforment en une nymphe dont sortira un insecte parfait, l'imago, qui n'aura plus qu'à faire sauter la fine pellicule de bois le séparant de l'air libre pour s'envoler à la recherche d'un partenaire, et la boucle est bouclée.

Mais ces imagos, qui sont-ils, comment sont-ils ?

Certains ressemblent à des petits hannetons de quelques millimètres, ce sont les vrillettes et le lyctus:

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Lyctus
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Grosse vrillette
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- petites vrillettes : Anobium punctatum

- grosses vrillettes : Xestobium rufovillosum

- vrillettes molles : Ernobius mollis

- lyctus : Lyctus brunneus, préfère le bois ouvré des feuillus de préférence fruitiers, riches en amidon.

D'autres sont des sortes de carabes avec de belles antennes, ce sont des capricornes :

- le capricorne des maisons : Hylotrupes bajulus , sa larve vit dans le bois ouvré des résineux ( pin etc..)

- l'hesperophanes : Hesperophanes cinereus , le nom de capricorne lui est interdit par l'Académie , il en a pourtant bien l'allure et sa larve vit dans le bois ouvré des feuillus ( chêne etc..).

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Hesperophanes
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D'autres sont des sortes de grandes guêpes, les sirex :

- grand sirex : Urocerus gigas , souvent appelé guêpe des bois
- sirex commun : Sirex juvencus , aussi appelé bouvillon

D'autres enfin sont à tort classés dans les xylophages et pourtant ils ne mangent pas le bois mais le dégradent en y creusant des galeries, des loges pour pondre ou pour construire de véritables édifices.

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abeille charpentière
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- abeille charpentière : Xylocopa violacea , qui utilise souvent des galeries de capricornes , mais n'hésite pas à utiliser ses mandibules pour forer la loge dans laquelle elle élèvera son enfant en bonne abeille qui se respecte, c'est à dire avec du miel et non avec du bois.

- fourmis, qui creusent pour construire la fourmilière et donc utilisent le bois comme elles utilisent la terre en tant que matériau de construction.

Et quelques-uns encore... mais plus rares.

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